M. Jean-Bernard RAIMOND : Conclusion du Colloque

Merci infiniment. Nous sommes arrivés au bout de ce colloque. Je voudrais simplement faire quelques remarques, en guise de conclusion. D’abord, je voudrais remercier Jean-Marie Le Breton, qui est à l’origine de ce colloque. Je le remercie pour son accueil vis-à-vis de tout le monde, pour l’organisation aussi. Voilà également une salle où la sono marche très bien. Cela a l’air de rien, mais quand la sono marche, cela aide beaucoup pour le reste.

Indépendamment de cela, je le remercie aussi pour le choix qu’il avait fait pour les invités. Non seulement mais surtout ceux qui ont pris la parole. Quelques-uns se sont défaussés, mais cela arrive toujours et de ceux qui sont venus, j’ai personnellement apprécié tout ce que j’ai entendu. C’était un colloque très riche, très divers. Il y avait en plus, ce qui était agréable, de l’humour. Plusieurs d’entre eux se sont distingués, dont Alain Dejammet et Denis MacShane.

Sur le fond, nous avons eu au départ un excellent tour d’horizon de M. Moreau-Desfarges, un petit peu provocateur exprès, tournant autour du déclin des États-Unis, de l’hyper-puissance, ce qui a été repris par d’autres d’ailleurs. Les idées qui sont revenues très souvent, bien sûr il y avait l’Europe. Énormément l’Europe. La gouvernance mondiale, ou la gouvernance européenne. On a parlé de l’Islam, mais pas de façon toujours directe. Cela n’a pas été trop concentré sur l’Islam.

J’ai noté également des phrases qui m’ont frappé. Une phrase de Gabriel Robin. Il dit comme tout le monde que nous sommes dans un monde complètement changé, qu’il y a eu un changement considérable. Et ce onde nouveau me permet de dire que pratiquement tout le monde a essayé, et souvent réussi, de répondre au sujet qui était « Vers la recomposition d’une nouvelle société ». C’était le sujet qui était posé, un sujet intelligent, difficile, tout le monde a essayé d’y répondre. Et Gabriel Robin a dit que précisément, ce que l’on essaye, c’est un nouveau changement. Au fond, c’est assez juste, cela explique le fait que nous ayons du mal à conclure. Au démarrage, à mon avis, et j’étais de ceux qui y participaient, d’une certaine façon, ce qui dominait était les doutes. Parce que, au fond, nous sommes dans une situation nouvelle, très difficile, et donc tous les sujets se réunissent pour être difficiles, se recroiser, se démentir. Nous sommes dans une situation difficile, où les doutes l’emportent. Il y a eu quelques notions qui ont été établies. Il y a eu des propositions. Vous-mêmes, M. Seale, avez fait des propositions très précises tout à l’heure. Donc il y a eu beaucoup de suggestions très précises, peut-être très risquées parfois, mais c’était un des avantages de ce sujet.

Je relève aussi à propos de l’organisation de la  nouvelle société mondiale, la manière dont Alain Dejammet, après avoir montré qu’il y avait beaucoup de choses qui fonctionnaient mal, a suggéré un chemin qui serait déjà pris, en fait, vers l’extension du Conseil de Sécurité. Et c’était assez réconfortant, parce que l’on pensait finalement que sa suggestion était déjà un peu en œuvre et je crois que c’est ainsi qu’il faut voir les choses. Même dans la description qui a été faite sur l’OTAN, je suis en effet de ceux qui ont vécu toute cette période, et très étonné pendant longtemps, que l’on ne dise rien sur l’OTAN. L’OTAN continuait à vivre dans un monde sans espace. Maintenant je comprends un petit peu mieux à quoi peut servir encore l’OTAN. Je ne suis pas sûr qu’il ait un avenir immense, je ne suis pas sûr que Gabriel Robin croie actuellement à cet avenir. Mais enfin, il l’a décrit comme tel. Mais c’est sûr que, nous sommes des Européens de l’ouest, et si nous voyons les Polonais, les Tchèques, il est sûr que ces peuples d’Europe centrale sont des gens très intéressants, qui ont retrouvé la liberté grâce à tout ce qui s’est passé. Ces gens continuent à avoir des craintes par rapport à l’ancienne situation. Donc, ils cherchent, ils ont beaucoup cherché à adhérer à l’OTAN, comme une protection. Sur ce plan-là, on comprend mieux qu’il n’y ait pas eu de révolution extraordinaire.

Sur d’autres sujets, nous avons eu des interrogations mais nous n’avons pas eu la réponse. Par exemple, il y a une grande interrogation, c’est la Chine, à mon avis. C’est moi-même qui ai posé la question à M. Domenach. Il a répondu (s’il était là, je le dirais plus nettement) sur la répression du 4 juin sur la place Tien An Men, en faisant vraiment peser la responsabilité sur les manifestants. Il y avait d’autres responsabilités en jeu, à mon avis, mais indépendamment de cela, il a dit : « la Chine changera, elle sera obligée de changer ». Il était très honnête intellectuellement, car ne sachant pas comment elle allait changer, mais elle changerait. Au départ nous avons des doutes, les uns et les autres essaient d’apporter les réponses, mais les réponses ne sont pas forcément là, et l’honnêteté intellectuelle le veut.

J’oublie certainement d’autres remarques que j’aurais dû faire, ou que les uns et les autres ont faites. Il y a des sujets que nous n’avons pas traités du tout. Il y a un sujet qui m’intéresse peut-être parce que c’est une sphère que je connais bien, mais on ne parle plus du tout de l’Ukraine maintenant. Je ne veux pas faire un exposé. Mais l’Ukraine en 2004 était intéressante. Il y a eu des approximations de Poutine, où en-est-on ? Peut-être que c’est de la faute des divisions intra-ukrainiennes. Mais nous n’avons pas beaucoup parlé de la Russie d’ailleurs, mais ce n’était pas le sujet non plus, et nous ne pouvions pas parler de tout.

Voilà un petit peu ce que je voulais vous dire. Il y a eu aussi des remarques intéressantes aussi sur des grands sujets, comme la démographie. J’ai été très frappé que, dans beaucoup d’exposés, on rappelait des indications démographiques, qui relativisaient énormément les perspectives.

Maintenant, ce qui est ressorti est que, sauf dans un exposé, dans la finalité du monde dans lequel nous vivons, nous ne retenons pas finalement l’idée de guerre. Bien qu’il y en ait. Mais on ne retient pas tellement cette finalité. Je continue à trouver aussi qu’il y a des progrès. Le changement a déjà été un progrès considérable, je ne vais pas revenir dessus tellement c’est une évidence. Au nom de la liberté, nous vivons dans un monde tellement différent du précédent, que c’est un acquis. Néanmoins, à l’intérieur de cet acquis, ce qui se produit par exemple, en ce moment avec l’Europe à 27, quels que soient les défauts de l’Europe à 27, quelles que soient les ambitions qui ne sont pas bien poursuivies, etc. c’est quand même du « plus », et ce fut assez bien décrit par Mr MacShane, sur un ton humoristique.

Je vous prie de bien vouloir m’excuser de ne pas aller plus en profondeur. Avant de terminer, est-ce que l’un d’entre vous trouve que j’ai raté une grande idée dans ce que je viens de dire ? Voire plusieurs ?

Merci beaucoup.


FIN

 

 

FIN

Merci infiniment. Nous sommes arrivés au bout de ce colloque. Je voudrais simplement faire quelques remarques, en guise de conclusion. D’abord, je voudrais remercier Jean-Marie Le Breton, qui est à l’origine de ce colloque. Je le remercie pour son accueil vis-à-vis de tout le monde, pour l’organisation aussi. Voilà également une salle où la sono marche très bien. Cela a l’air de rien, mais quand la sono marche, cela aide beaucoup pour le reste.
Indépendamment de cela, je le remercie aussi pour le choix qu’il avait fait pour les invités. Non seulement mais surtout ceux qui ont pris la parole. Quelques-uns se sont défaussés, mais cela arrive toujours et de ceux qui sont venus, j’ai personnellement apprécié tout ce que j’ai entendu. C’était un colloque très riche, très divers. Il y avait en plus, ce qui était agréable, de l’humour. Plusieurs d’entre eux se sont distingués, dont Alain Dejammet et Denis MacShane.
Sur le fond, nous avons eu au départ un excellent tour d’horizon de M. Moreau-Desfarges, un petit peu provocateur exprès, tournant autour du déclin des États-Unis, de l’hyper-puissance, ce qui a été repris par d’autres d’ailleurs. Les idées qui sont revenues très souvent, bien sûr il y avait l’Europe. Énormément l’Europe. La gouvernance mondiale, ou la gouvernance européenne. On a parlé de l’Islam, mais pas de façon toujours directe. Cela n’a pas été trop concentré sur l’Islam.
J’ai noté également des phrases qui m’ont frappé. Une phrase de Gabriel Robin. Il dit comme tout le monde que nous sommes dans un monde complètement changé, qu’il y a eu un changement considérable. Et ce onde nouveau me permet de dire que pratiquement tout le monde a essayé, et souvent réussi, de répondre au sujet qui était « Vers la recomposition d’une nouvelle société ». C’était le sujet qui était posé, un sujet intelligent, difficile, tout le monde a essayé d’y répondre. Et Gabriel Robin a dit que précisément, ce que l’on essaye, c’est un nouveau changement. Au fond, c’est assez juste, cela explique le fait que nous ayons du mal à conclure. Au démarrage, à mon avis, et j’étais de ceux qui y participaient, d’une certaine façon, ce qui dominait était les doutes. Parce que, au fond, nous sommes dans une situation nouvelle, très difficile, et donc tous les sujets se réunissent pour être difficiles, se recroiser, se démentir. Nous sommes dans une situation difficile, où les doutes l’emportent. Il y a eu quelques notions qui ont été établies. Il y a eu des propositions. Vous-mêmes, M. Seale, avez fait des propositions très précises tout à l’heure. Donc il y a eu beaucoup de suggestions très précises, peut-être très risquées parfois, mais c’était un des avantages de ce sujet.
Je relève aussi à propos de l’organisation de la  nouvelle société mondiale, la manière dont Alain Dejammet, après avoir montré qu’il y avait beaucoup de choses qui fonctionnaient mal, a suggéré un chemin qui serait déjà pris, en fait, vers l’extension du Conseil de Sécurité. Et c’était assez réconfortant, parce que l’on pensait finalement que sa suggestion était déjà un peu en œuvre et je crois que c’est ainsi qu’il faut voir les choses. Même dans la description qui a été faite sur l’OTAN, je suis en effet de ceux qui ont vécu toute cette période, et très étonné pendant longtemps, que l’on ne dise rien sur l’OTAN. L’OTAN continuait à vivre dans un monde sans espace. Maintenant je comprends un petit peu mieux à quoi peut servir encore l’OTAN. Je ne suis pas sûr qu’il ait un avenir immense, je ne suis pas sûr que Gabriel Robin croie actuellement à cet avenir. Mais enfin, il l’a décrit comme tel. Mais c’est sûr que, nous sommes des Européens de l’ouest, et si nous voyons les Polonais, les Tchèques, il est sûr que ces peuples d’Europe centrale sont des gens très intéressants, qui ont retrouvé la liberté grâce à tout ce qui s’est passé. Ces gens continuent à avoir des craintes par rapport à l’ancienne situation. Donc, ils cherchent, ils ont beaucoup cherché à adhérer à l’OTAN, comme une protection. Sur ce plan-là, on comprend mieux qu’il n’y ait pas eu de révolution extraordinaire.
Sur d’autres sujets, nous avons eu des interrogations mais nous n’avons pas eu la réponse. Par exemple, il y a une grande interrogation, c’est la Chine, à mon avis. C’est moi-même qui ai posé la question à M. Domenach. Il a répondu (s’il était là, je le dirais plus nettement) sur la répression du 4 juin sur la place Tien An Men, en faisant vraiment peser la responsabilité sur les manifestants. Il y avait d’autres responsabilités en jeu, à mon avis, mais indépendamment de cela, il a dit : « la Chine changera, elle sera obligée de changer ». Il était très honnête intellectuellement, car ne sachant pas comment elle allait changer, mais elle changerait. Au départ nous avons des doutes, les uns et les autres essaient d’apporter les réponses, mais les réponses ne sont pas forcément là, et l’honnêteté intellectuelle le veut.
J’oublie certainement d’autres remarques que j’aurais dû faire, ou que les uns et les autres ont faites. Il y a des sujets que nous n’avons pas traités du tout. Il y a un sujet qui m’intéresse peut-être parce que c’est une sphère que je connais bien, mais on ne parle plus du tout de l’Ukraine maintenant. Je ne veux pas faire un exposé. Mais l’Ukraine en 2004 était intéressante. Il y a eu des approximations de Poutine, où en-est-on ? Peut-être que c’est de la faute des divisions intra-ukrainiennes. Mais nous n’avons pas beaucoup parlé de la Russie d’ailleurs, mais ce n’était pas le sujet non plus, et nous ne pouvions pas parler de tout.
Voilà un petit peu ce que je voulais vous dire. Il y a eu aussi des remarques intéressantes aussi sur des grands sujets, comme la démographie. J’ai été très frappé que, dans beaucoup d’exposés, on rappelait des indications démographiques, qui relativisaient énormément les perspectives.
Maintenant, ce qui est ressorti est que, sauf dans un exposé, dans la finalité du monde dans lequel nous vivons, nous ne retenons pas finalement l’idée de guerre. Bien qu’il y en ait. Mais on ne retient pas tellement cette finalité. Je continue à trouver aussi qu’il y a des progrès. Le changement a déjà été un progrès considérable, je ne vais pas revenir dessus tellement c’est une évidence. Au nom de la liberté, nous vivons dans un monde tellement différent du précédent, que c’est un acquis. Néanmoins, à l’intérieur de cet acquis, ce qui se produit par exemple, en ce moment avec l’Europe à 27, quels que soient les défauts de l’Europe à 27, quelles que soient les ambitions qui ne sont pas bien poursuivies, etc. c’est quand même du « plus », et ce fut assez bien décrit par Mr MacShane, sur un ton humoristique.
Je vous prie de bien vouloir m’excuser de ne pas aller plus en profondeur. Avant de terminer, est-ce que l’un d’entre vous trouve que j’ai raté une grande idée dans ce que je viens de dire ? Voire plusieurs ?

Merci beaucoup.


FIN